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Fiction

En savoir plus : Depuis le 23/07/2009
Ch. 1 : 23/07/2009
Màj le 23/07/2009
1 chapitre(s)
1 381 mots
ID : 7458611469
Et elle avait souri par Temi-Chou
Rating : 16+ - Romance - Complète
Tag(s) : En attente de modération
Résumé
 

Le blabla de l'auteur

 Oui, alors, voilà, j'ai pas l'habitude d'écrire ce genre de truc (qui a toussé "Snuffmovie" dans sa main ? Qui a évoqué "Magenta" ? è.é) mais j'avais bien envie d'écrire quelque chose sur le triolisme. Bon, certes, c'est pas grand-chose, c'est pas explicite, mais mes écrits explicites viendront plus tard. Je m'imprègne de l'ambiance et je vous pond un PWP bien hard. Puis après je vous écris un truc tout mignon.

 Mélissa était en classe quand Nicolas avait débarqué, complètement paniqué. Il se frottait les mains, les passait sur son visage et ses yeux ne cessaient de bouger de droite à gauche. Mélissa sauta de sa chaise sans se soucier du professeur qui dévisageait Nicolas, ni du silence pesant que l'arrivée d'un jeune homme étranger avait répandu sur la classe.

Elle s'approcha de Nicolas et lui saisit les mains, le forçant à la regarder.

-Nicolas, calme-toi. Que se passe-t-il ?

-Partout... Du... Du sang... Et elle... elle qui... Aurore !

-Aurore n'a pas bougé de la clinique, elle est avec votre mère.

Mélissa se tourna vers le professeur.

-Je reviens. Extrême urgence.

Elle attrapa son téléphone portable qu'elle laissait toujours dans sa trousse, saisit Nicolas par la hanche et sortit sans un regard pour le professeur qui resta bouche bée, devant tant de culot. Il se promit qu'il le ferait payer à Mélissa, d'ici peu. Il ne perçut que la phrase de la jeune fille.

-Allez, viens, mon amour, sortons, on va laisser les autres travailler.

-Le monde continue... de tourner...

Nicolas et la jeune fille parcoururent quelques mètres dans le couloir de la faculté avant de s'asseoir sur des chaises à la disposition des étudiants.

Nicolas sanglotait, à présent, tout en répétant « Aurore ! Aurore ! » et Mélissa soupira. Elle composa un numéro de téléphone sur son portable.

-Allô ? Chuchota une voix, je suis en cours...

-M'en tape, rétorqua Mélissa d'une voix amère, ramène-toi. Tu ne devais pas laisser Nicolas tout seul.

-Oh merde ! J'arrive. Où êtes-vous ?

-A la fac de sciences, dans le couloir des TP. Bouge-toi.

Et elle raccrocha Elle s'accroupit près de Nicolas et posa son menton sur les genoux de son ami, son amour.

-Thomas va arriver, chéri, il va venir...

 

Thomas, Nicolas et Mélissa. Rien ne réunit les deux garçons et la fille. 

Elle est une fille de riches, habituée aux palaces, aux produits de luxe et à dépenser sans compter. Un père rentier, une mère chirurgienne, elle est promise à un bel avenir de chimiste.

Les deux garçons sont amis d'enfance. Ils ont grandi dans la même cité, ont étudié dans le même lycée-poubelle et caressent le même but : donner du rêve aux gens, écrire. Nicolas est un adepte de la fantasy. Thomas adore les romans policiers.

Les deux garçons ont rencontré Mélissa alors qu'elle entrait en deuxième année de licence de biochimie. Elle était seule, assise à la terrasse d'un café, par un doux jour d'octobre, à se débattre avec ses notes de chimie organique, ils étaient d'humeur joueuse et avaient parié sur lequel des deux  arriverait à faire sourire la jeune intello.

Ils avaient échoué, l'un comme l'autre. Pas une seule fois elle n'avait esquissé un sourire. Elle s'était contentée de garder la tête dans ses notes, écoutant d'un oreille distraite ce que racontaient ces deux garçons qui braillaient juste en face d'elle.

Elle devint alors leur plus grand défi.

Ils la rejoignaient tous les jours dans ce même café, s'asseyaient à sa table et discutaient entre eux, la laissant travailler. De temps en temps, elle levait la tête et fixait leurs deux paires d'yeux marrons. Mais elle ne souriait pas. Et repartait dans ses notes et ses dissertations.

Vers la fin novembre, ça avait changé. Nicolas et Thomas étaient entrés dans le café et ils avaient vu Mélissa, assise à leur table habituelle, mais elle ne travaillait pas. Elle pleurait. Elle serrait dans sa main droite un mouchir humidifié, elle n'était ni coiffée ni maquillée.

Les garçons avaient échangé un regard et chacun s'était assis d'un côté de la jeune fille dont ils ne savaient rien. Puis chacun avait saisi une des mains tremblantes de Mélissa.

Et elle avait souri.

Et leur avait expliqué l'histoire, doucement, un simple chuchotement qui leur avait vrillé le coeur. Mélissa avait une soeur jumelle. Cette dernière avait disparu quelques mois auparavant, pendant l'été. Et on venait de la retrouver. Sans vie. Sans avenir.

Et Mélissa ne voyait plus le bout du tunnel. Tout était sombre et silencieux. Elle ne voyait plus rien, ne ressentait plus rien sauf...

Sauf ces quatre mains sur les siennes.

 

Thomas était à la fac en un quart d'heure. Un record en soi. Il se précipita dans le couloir et soupira de soulagement. Mélissa et Nicolas étaient tous deux enlacés, assis au pied d'une chaise. Thomas se précipita et se laissa glisser sur les genoux lorsqu'il fut à quelques dizaines de centimètres de ses deux amis. Il se joignit à l'étreinte et les serra aussi fort qu'il le pouvait.

-Pardon...

Nicolas s'agrippa à lui et Mélissa se pelotonna contre son épaule.

-Ce n'est pas grave mon amour, tant que tu es là, chuchota-t-elle à son oreille.

Nicolas semblait plus calme. Il était enfin redevenu serein. Il leva ses yeux vers ses deux amis.

-Je suis désolé, j'ai encore pété un câble... Je suis désolé...

 

Nicolas vivait dans soixante mètres carré avec sa mère, sa petite soeur, son beau-père et le fils de son beau-père. 

Aurore... Il admirait sa petite soeur. Elle était souriante et radieuse, une vraie petite femme de quatorze ans.

Il lui avait raconté tout ce qui lui arrivait avec Mélissa et Thomas. Elle avait écarquillé de grands yeux innocents.

-On peut aimer deux personnes en même temps ?

-Bien sûr, qu'on peut aimer deux personnes en même temps !

Puis elle n'avait rien dit d'autre. Elle avait souri, simplement. Elle était heureuse pour son grand frère, elle était aussi heureuse pour Thomas, qu'elle adorait.

Ce soir-là, il rentrait d'une journée géniale chez Mélissa. Ils avaient tous les trois regardé un film avant de rester tout l'après-midi sous la couette.

Il tourna la clé dans la serrure, puis il entendit des cris et des pleurs. Il se dépêcha. Les cris viennent de la chambre d'Aurore. Il défonce la porte à grands coups de pieds. Ils sont six. Six.
Et... Elle est seule au milieu de ça, nue, en sang, en pleurs. Détruite.

Et lui qui ne fait rien. Qui voit son beau-père se vider en elle, puis repartir en ricanant. Et lui qui reste impuissant face à cette scène qu'il voudrait ne jamais avoir vue. Qu'il voudrait occulter de la mémoire et du coeur d'Aurore...

Il hurle.

-AURORE !

Mais elle ne l'entend plus...

Elle ne rit plus...

 

Les trois se levèrent et se sourirent.

-Tu vas la voir, ce soir ? Demanda Thomas.

-Oui. Je veux qu'elle revienne... Ma petite soeur... Mon Aurore...

Mélissa se jeta au cou de Nicolas et l'embrassa, doucement, pour ne pas le brusquer.

-Je suis de tout coeur avec toi.

-Moi aussi, mon pote, rajouta Thomas.

-Merci.

 

 

Mélissa aimait Thomas. Elle en était tombée amoureuse, totalement et irrémédiablement amoureuse. Elle aimait ses cheveux châtains, son nez un peu tordu, le fait qu'il soit gauche et rêveur. Elle aimait cette passion avec laquelle il racontait Christie et Conan Doyle. Cette vigueur avec laquelle il commentait Ben Elton. Oui, Mélissa aimait Thomas, tendrement.

Mais Mélissa n'avait pas pu s'empêcher de penser à Nicolas quand Thomas l'avait embrassée pour la première fois, dans un cinéma sombre, cliché parmi les clichés.

Parce que Mélissa aimait aussi Nicolas.

Elle aimait son sourire, qui éclairait ses yeux et lui donnait tant de charme. Elle aimait ce monde qu'il s'était créé alors qu'il écrivait le sixième tome de sa saga fantastique, où des chevaliers-sorciers devaient encore et toujours repousser le Mal. Elle aimait aussi voir tous les livres de Tolkien, Gemmel, Zimmer-Bradley et tant d'autres qui s'alignaient sur les étagères de sa chambre.

Et Mélissa s'était sentie coupable la première fois que Nicolas lui avait dit qu'il l'aimait. Parce qu'elle avait pensé à Thomas.

Longtemps elle avait hésité, puis elle en avait parlé. Ils avaient compris, du moins, c'est ce qu'ils lui avaient fait croire.

La situation était restée étrange, chacun la voyant à son tour.

Elle en eut marre de se sentir incomplète. Elle les voulait. Tous les deux. En même temps.

Elle les aimait.

Ils l'aimaient.

Ils étaient amis.

Cela aurait pu donné lieu à un superbe triangle amoureux.

Cependant, ils étaient heureux comme ça, tendres, enlacés, à trois.

Depuis le temps que ça durait.

Ils s'aimaient.

Qu'importe ce que pouvaient penser les autres.

Note de fin

 Voilà, vous voyez c'était pas si terrible !
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