
Je caresse ton visage pour pouvoir le retenir et l'apprendre, parce que je sais que cette nuit est la seule que tu me donneras. Du bout du doigt, je caresse ton nez, avant de t'embrasser, te goûter, encore. Si tu savais... Si tu savais... Je te respire, intensément, profondément. Dieu que tu sens bon. Dieu que ton odeur est envoûtante.
Je n'ai pas envie que demain arrive, parce que demain tu ne seras plus dans mes bras. J'ai toujours eu peur de l'avenir et aujourd'hui plus que jamais. Je suis paralysée. Je tente de profiter de notre corps à corps et ne peux que rester à moitié stoïque. J'ai peur. Ce n'est pas rationnel, parce que tu ne m'as rien promis. Tu es un péché et je mérite d'aller en Enfer. Mais j'irai le cœur léger parce que j'aurais pu connaître l'intensité d'une nuit avec toi.
Je souris dans la semi-pénombre de ta chambre. Le bonheur et la joie intense que je ressens me font perdre la tête. « Oh putain » est la seule phrase qui sort de ma bouche.
Et pourtant, j'aurais tellement à te dire, à te demander. Je ne veux pas que tu penses que je ne fais que fêter ma rupture et que je lave mon corps avec le tien des résidus de lui qui pourraient subsister en moi. Parce que ça serait faux. Ça fait longtemps que j'attends ce moment, depuis que tu commences à peupler mes rêves à la couleur ambre de tes yeux. Depuis des mois. Des semaines entières à ne penser qu'à ça, à me réveiller en sursaut la nuit, à noyer mon désir de toi dans ses bras. Recherchant dans son regard bleu l'ambre de tes yeux. Cherchant le son de ta voix, au fond de la sienne. Espérant que tu me regardes. Juste une fois. Juste moi.
Je t'attendais.
Ce n'est pas un simple débordement pour moi. Ça veut dire tellement, ce don de mon corps électrisé et paralysé de bonheur et de plaisir. Je ne veux pas de toi, juste un soir et plus rien. Je te veux toi, je veux l'ambre de tes yeux. Je te veux toi. Dans ma vie. Pas pour toujours, je ne peux pas parler d'éternité, je ne peux pas l'écrire à l'encre de ton prénom. Mais je veux faire un morceau de chemin dans tes bras.
Seulement, je ne peux pas te le dire. J'ai peur. Ta réaction me terrifie. Je ne sais pas comment amener un tel sujet, je ne suis pas à l'aise avec les sentiments, je ne suis pas de celles qui passent leur temps à dépendre des autres. Et ma dépendance à ton regard me fait vraiment peur. Je ne sais pas exactement ce que ça signifie. Je voudrais me poser la question. Mais je n'ose pas, parce que j'ai peur de la réponse qu'elle pourrait amener. Tout autant que je crains ton opinion à mon propos. Tu es le premier. Tu es le seul. Tu es le premier dont l'avis aurait une quelconque importance à mes yeux. Je ne me l'explique pas. Alors je resterai distante. Légèrement froide. Comme si j'étais indifférente. Comme si. Je suis foutrement contradictoire, n'est-ce pas ? Mais c'est ainsi. Si tu penses que cette nuit valait quelque chose, viens me trouver.
Adieu...
Ou à bientôt, qui sait ?